Exposition « Histoire et parcours en Belgique des réfugiés juifs fuyant l’Allemagne nazie »

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La politique d’asile de la Belgique trouve ses origines dans la crise des réfugiés juifs fuyant l’Allemagne nazie à partir de 1933, et plus particulièrement dans les années 1938-39. Ce projet d’exposition itinérante a pour objectif de retracer le quotidien et les expériences de ces réfugiés, non reconnus officiellement comme tels, à partir de leurs trajectoires individuelles et familiales singulières. Il a aussi – et surtout – pour but de susciter une réflexion sur les enjeux éthiques et juridiques de l’accueil, de la protection et de la reconnaissance de personnes étrangères fuyant des contextes de persécutions, de guerres et/ou de crimes de masse.

Le projet d’exposition est principalement destiné aux écoles, aux mouvements de jeunesse et aux maisons communales de Belgique. L’exposition se présente sous forme de grands panneaux didactiques faisant une large place à des sources iconographiques (photos, dessins, documents administratifs, caricatures) et graphiques (cartes, figures, tableaux), appuyées par des légendes concises et claires. Elle propose trois niveaux de récit pour raconter l’histoire et les parcours des réfugiés juifs d’Allemagne et d’Autriche fuyant le IIIe Reich et arrivant en Belgique :

(1)  Les trajectoires individuelles et familiales (niveau micro-social) ;

(2)  Les politiques d’accueil et la question de leur statut (niveau macro-social) ;

(3)  La vie associative juive et les réseaux de solidarité juifs et non-juifs (niveau méso-social).

Un cahier remis en début d’exposition accompagne le visiteur, lui sert de guide complémentaire et lui offre des informations et des pistes de réflexion plus détaillées sur les différentes questions abordées de manière synthétique dans le cadre de l’exposition.

Les trajectoires individuelles et familiales constituent le fil conducteur de l’exposition. Ce choix permet d’approcher concrètement les politiques mises en œuvre à l’égard de demandeurs d’asile « illégaux », ne pouvant prétendre à un statut officiel de réfugié politique car ne répondant pas aux conditions exigées. L’exposition s’appuie sur des archives (et en particulier sur les archives de la Police des Etrangers, les archives de la Ville de Bruxelles, les archives judiciaires et les archives du Service des Victimes de la Guerre) et sur des documents iconographiques. Elle est fondée sur les témoignages de réfugiés arrivés enfants ou adolescents en Belgique et nourrie de recherches pointues et récentes (notamment sur les travaux de Frank Caestecker, Insa Meinen, Lieven Saerens et Jean-Philippe Schreiber).

L’exposition met également en lumière une dimension méconnue du grand public, à savoir le rôle de secours, d’assistance et d’entraide joué par les associations communautaires, comme le Comité d’Assistance aux Réfugiés juifs, le syndicat et le « Café des Tramwaymen »), mais aussi de la société civile belge non-juive dans les quartiers d’installation des réfugiés, à commencer par les Marolles (Entr’aide des travailleuses) à Bruxelles.