Droits à la pension

L’action de l’AMS porte également sur la reconnaissance des droits à la pension des anciens déportés.  

Jusqu’au 15 décembre 2016, des Juifs persécutés pendant l’occupation se sont vu refuser, encore et toujours, le droit à une rente par des décisions administratives de la Direction générale du Service des Victimes de la Guerre, au motif qu’ils n’étaient pas naturalisés à l’époque ou pour des questions de séjour à l’étranger dans les années d’après guerre. Il est important de souligner ici que le traitement des dossiers n’est pas le même de part et d’autre de la frontière linguistique. Du côté francophone, on recherche l’esprit de la loi, du côté néerlandophone, on applique la loi stricto sensu. Non seulement il fallait reprendre la loi de 1954, mais veiller à une application uniforme de cette modification, la loi devant être la même pour tous les citoyens de Belgique.

L’Association pour la Mémoire de la Shoah, considérant que cette situation était injuste et qu’elle provenait d’une intention xénophobe et antisémite inacceptable dans le chef des parlementaires qui l’avaient adoptée, a fait déposer plusieurs propositions de modification de cette loi et a développé une action de sensibilisation auprès des parlementaires. l’AMS a en outre organisé des actions sur la voie publique sous la forme de manifestations revendicatives, en 2012, entre autres  devant le ministère de La Défense Nationale. Ces actions ont débouché sur des réunions de concertation avec les autorités fédérales. 

Le 3 décembre 2015,  la Cour constitutionnelle a cassé l’article refusant le droit à la pension aux  victimes de la guerre qui n’étaient pas belges en 1940 et ont vécu temporairement hors du pays. La Cour constitutionnelle a reconnu l’illégalité de cet article parce qu’il introduit une discrimination injustifiable entre Belges.

Le 15 décembre 2016 la modification de la loi du 15 mars 1954 relatives aux pensions de dédommagement était adoptée. Ce texte repousse au 1er janvier 2003 la date ultime avant laquelle les rescapés de la Shoah doivent avoir acquis la nationalité belge pour pouvoir prétendre au bénéfice de la pension d’invalidité et aux avantages médicaux qui sont liés.

Toutefois, les services du ministère de la défense se sont opposés à ce que le texte proposé par une parlementaire de la majorité prévoie un mécanisme qui permettrait aux Juifs résidant en Flandre d’obtenir la reconnaissance qu’ils demandent à l’instar des juifs résidant à Bruxelles ou en Wallonie.

Une nouvelle modification de la loi devra être demandée.

A SUIVRE …

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Films

JE NE SUIS JAMAIS REVENUE ICI

Annie Neumark a été enfermée dans le centre de détention de Malines. Là, entre 1942 et 1944, l’occupant nazi a rassemblé plus de 24.000 Juifs avant de les envoyer vers un camp de concentration ou d’extermination. Dans ce film, elle revient sur les lieux pour la première fois et les redécouvre plus de 75 ans après les faits, avec des yeux d’adulte : confrontation entre un passé terrible et un présent indifférent. La caserne Dossin, aujourd’hui réhabilitée en logements, semble avoir perdu cette mémoire.

Co production : AMS et Centre Vidéo de Bruxelles-CVB – Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles

Témoignages écoles

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A l’occasion des cérémonies d’inauguration des Pavés de Mémoire, l’AMS sollicite la participation de témoins, essentiellement des déportés et des enfants cachés. Les rencontres entre ces témoins et les enfants des classes de 6ème primaire et du secondaire sont intenses, autant pour les témoins que pour les enfants et les enseignants. Nous privilégions des petits groupes qui permettent un échange direct entre les participants.

L’AMS aide les enseignants à rassembler le matériel pédagogique nécessaire à la préparation des enfants, afin qu’ils puissent mettre en contexte les témoignages. Un lien se crée entre les enfants et les témoins. Ce lien est perceptible dans les travaux que les enfants élaborent à la suite de ces rencontres, que ce soit sous forme de dessins, de chansons, de pièces de théâtre, de poèmes ou de récits.

ÉCOLE BIBLIO

Le caractère multiculturel des groupes d’élèves qui constituent les écoles de Bruxelles, représente aussi une opportunité pour contrer les préjugés à l’égard des membres de la communauté juive, que les élèves connaissent mal.

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Les témoins sont quant à eux souvent avides de transmettre aux jeunes générations des leçons de vie. C’est pour eux une occasion de donner un sens à leur histoire tragique, malgré les difficultés émotionnelles que cela implique.

TEMOIGNAGES 2017

  1. Athénée royal à Beaumont, 5è primaire, 2 classes
  2. Jacqmain 6è LM, 1 classe
  3. Centre pédagogique Vlesendael, 2 classes
  4. Ecole des Arts et Métiers, 5è et 6è secondaire
  5. Sainte Véronique à Liège, 5è secondaire
  6. Athénée Fernand Blum à Schaerbeek 3 classes 2è secondaire

 

 

Poses Pavés de Mémoire

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Des blocs de béton de 10cmX10cm recouvert d’une plaque en laiton manufacturée en Allemagne, voilà ce que sont les pavés de mémoire, mais ils sont aussi bien plus que cela. Ils suscitent l’émotion, des rencontres inattendues, des retrouvailles improbables plus de 70 ans après les faits, des réflexions sur la transmission, la mémoire, le sens de l’engagement citoyen. Ils s’adressent à tous les publics : voisins, passants, touristes, habitants du quartier, scolaires… Ce sont aussi de réels outils pédagogiques mis à la disposition des enseignants et des écoles.

Plus de 400 Pavés de Mémoire sont scellés dans les trottoirs de Bruxelles, Anvers, Gand, Liège, Charleroi, Arlon, Namur, Beaumont…

Dans toutes les langues les pavés commencent ainsi : « ICI HABITAIT … ».

Depuis 2009, à l’initiative de l’AMS, la Belgique rejoint ainsi le mouvement international, initié par l’artiste allemand Gunter Demnig, qui entend marquer le paysage urbain européen d’une trace indélébile de mémoire et de protestation.

Une application répertorie géographiquement l’ensemble des Pavés de Mémoire posés en Belgique et en Europe. L’AMS actualise continuellement cette liste. A consulter sur : https://stolpersteine-guide.de/staedte/182/belgique

A l’heure actuelle, plus de 75.000 Pavés de Mémoire ont été posés dans plus de 20 pays. Chacun d’entre eux rappelle l’imprescriptibilité de la déportation et/ou l’assassinat d’une victime, juive ou non juive, par les nazis.

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L’AMS travaille avec les autorités communales tant sur le plan pratique, notamment pour les autorisations nécessaires à la pose des PDM sur la voie publique, que sur le plan pédagogique à travers un partenariat avec les écoles.

Chaque pose d’un pavé contribue à l’édification d’un monument unique en son genre qui participe à la transformation d’un paysage urbain dans lequel vient littéralement se graver la mémoire d’une victime. Les passants s’arrêtent sur ces pierres d’achoppement. Ce temps d’arrêt offre l’opportunité de se souvenir, de réfléchir et de tirer les leçons du passé.

 

Inaugurations

Les cérémonies officielles d’inauguration des pavés de mémoires sont organisées par l’AMS, en concertation et collaboration avec les autorités politiques. La pose de ces pavés est un acte technique pour lequel nous demandons l’autorisation auprès des maisons communales. Une fois la pose réalisée, l’AMS organise une cérémonie d’inauguration.

Ces cérémonies revêtent une importance capitale dans l’action de l’AMS par leur portée pédagogique et de transmission de la mémoire. L’AMS y associe en effet des écoles, en partenariat avec les maisons communales ainsi que des Associations patriotiques (Anciens Combattants, Mouvements de Jeunesse …).

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La cérémonie d’inauguration a généralement lieu au sein de la Maison communale et est ponctuée de discours d’élus locaux, de témoins, de personnalités impliquées dans la problématique du vivre ensemble, la transmission de la mémoire ainsi que d’interventions des enfants des écoles.

Au delà de la pose, l’inauguration est une action de sensibilisation du public et plus particulièrement les jeunes générations n’ayant pas vécu ces tragiques événements. Elles témoignent de l’histoire d’un quartier et des communautés juives disparues qui y vivaient avant et pendant la guerre et dont il ne reste aujourd’hui quasiment plus aucune trace. Nombre des personnes qui composaient ce tissu social étaient elles-mêmes réfugiées, ayant fui le nazisme ou des conditions de vie socio-économiques insupportables.

Les inaugurations donnent par ailleurs l’occasion à l’AMS d’assurer une publicité médiatique à l’événement et à l’action entreprise par la présence ponctuelle de journalistes et d’équipes de télévision (cf. Archives).

Il y a déjà eu des cérémonies d’inauguration de pavés de mémoire dans les communes de Bruxelles, Liège et Charleroi …

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Actions Législatives

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L’Association pour la Mémoire de la Shoah s’est engagée depuis sa création à agir d’un point de vue législatif.

L’AMS a d’une part joué un rôle essentiel dans l’obtention de la reconnaissance officielle par la Ville de Bruxelles et l’État Belge (en 2012) de leur implication et de leur complicité dans la persécution et la déportation des Juifs et des Tziganes de Belgique.

L’Association poursuit d’autre part une action, visant à l’obtention complète de la reconnaissance de droits à la pension de toutes les victimes de la Shoah en Belgique. (voir en sous-rubrique)

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